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Calypso de Saint Jean à la Vitrine

CALYPSO DE SAINT JEAN

Photos de famille

du 17 septembre au 8 novembre 2026 


Arrivée en 2019, pour suivre des études en design de mode puis aux Beaux-Arts, Calypso de Saint Jean vit et travaille actuellement à Marseille.

Sa pratique mêle créations textiles et photographie pour s’intéresser, notamment, aux notions d’intimité et de représentation des personnes queers. Pour elle, chaque histoire, chaque détail est important et mérite qu’on s’y attarde. Ainsi, elle accorde une attention particulière au réemploi de matériaux grâce à la technique de l’upcycling. Cela lui donne la possibilité de jouer avec l’usage et la signification des objets, pour les transformer et leur faire raconter quelque chose de nouveau. Un vieux soutien-gorge devient abat-jour de lampe, une nuisette trouée donne naissance à une tenture murale à message, une couette tachée se transforme en corset... Tous les prétextes sont bons pour revisiter le vestiaire de l’intime !


Cette image appartient à la série photographique Photos de famille, qui revisite les codes des portraits de couple hétérosexuels des années 1850 en France.

À cette époque, la photographie est un objet rare et coûteux, réservé aux grandes occasions et aux familles bourgeoises souhaitant affirmer leur respectabilité. Poses figées, regards dirigés vers l’objectif, vêtements soigneusement choisis et décors marqués par l’abondance composent alors une image sociale plus qu’un souvenir intime.

Face à la rareté des archives représentant des couples queers, j’ai choisi de m’inspirer de ces codes pour créer des photographies de couples. Ici, la rigidité des corps et la neutralité des expressions évoquent les attitudes que l’on adopte parfois dans l’espace public pour se protéger. Car les gestes de tendresse queer restent trop souvent exposés aux regards déplacés, aux injures, voire à la violence.


Nous aussi, on veut des photos affichées au-dessus de la cheminée. On veut des portraits XXL de notre amour. Des photos poussiéreuses dans un carton au grenier. Nous aussi, on veut faire partie de l’album de famille. Poser l’air gêné avec nos tenues du dimanche. Nous aussi, on veut apparaître sur des photos cornées et gondolées par le temps. Des photos qui sentent le vieux. Des photos déchirées par la vie. Nous aussi, on veut laisser une trace, offrir aux générations futures la mémoire de nos amours et de nos histoires.


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